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Décollage imminent ?


Pour les Grenats, les 6 matchs de novembre-décembre doivent confirmer les progrès entrevus jusque là, à condition de hausser encore un peu l'exigence et de ne rien perdre de l'irréprochable état d'esprit qui se dégage du groupe


Il est des épreuves ou aventures collectives marquantes dans une carrière de joueur, ce genre de faits divers extrasportifs plutôt inhabituels dans l'univers plutôt feutré du football professionnel. Et en la matière, il faut bien dire que nos Grenats ont été hélas servis depuis 1 an maintenant. Aux déboires de Frédéric Antonetti, tenu éloigné de la Moselle depuis bientôt un an pour motifs personnels, s'ajoute désormais le drame de la route qu'ont connu Manuel Cabit et Kévin N'Doram le lendemain de la réception de Montpellier. Pour bien moins que ça on a vu des groupes se disloquer. Oui mais voilà, la résilience à toute épreuve du groupe, déjà affichée la saison dernière pour assurer une montée sans encombres, de nouveau affichée à Lille pour ramener de haute lutte un point très encourageant nous laisse à tous espérer des lendemains meilleurs. Mais pour cela, il faudra enchaîner au plus vite.

Car là où le bât Grenat blesse, c'est dans son manque de régularité chronique, à l'image de certaines de ses récentes sorties à domicile: emballant une heure, apathique 30 minutes et Metz laisse s'échapper 2 points contre Montpellier, dominateur puis dominé contre un Toulouse FC en crise pour le même bilan de points, les nombreux visages affichés par Metz depuis le début de saison handicapent son total de points pourtant tout à fait correct, à l'aube d'entamer la dernière ligne droite de sa première partie de saison. De quoi laisser un arrière-goût un peu amer de ces 13 premières journées. Car Metz aurait pu déjà se mettre un tantinet à l'abri, surtout dans un championnat où l'échelle de la performance est irrémédiablement tiré vers le bas, à l'image de faibles nantais pourtant toujours bien placés après 4 défaites consécutives, dont une sortie plus que moyenne chez nous.

Vincent Hognon insiste beaucoup sur les progrès affichés par son groupe, et il est vrai que Metz gomme petit à petit et bon an mal an les défauts rédhibitoires de ses premiers pas en Ligue 1, même si le chemin est encore très long. Auteurs d'un parcours relativement honnête à la maison (2 victoires, 2 nuls, 2 défaites), excepté le dérapage qui aurait pu coûter si cher contre Amiens fin septembre, les Grenats sont plus en délicatesse à l'extérieur. Trop souvent trop tendres, affichant jusqu'à il y'a peu une force de caractère à géométrie variable malgré une évidente bonne volonté, Metz alterne bien trop le chaud et le froid. Et sa fâcheuse tendance à prendre des buts aux pires moments d'un match l'ont plombé, à l'image de ses 2 minutes de flottement à Bordeaux, du corner concédé juste avant la mi-temps à Brest ou des 2 buts encaissés coup sur coup à Lyon. A chaque fois sans jamais vraiment donner l'impression qu'un come back était possible.

C'est là que le point ramené de Lille doit servir de boussole qui guide enfin de manière durable les hommes de Vincent Hognon vers la terre promise, celle du maintien. Non pas que le contenu fut brillant, Metz a quasiment cessé de jouer au football après l'heure de jeu pour se contenter de résister vaillamment et péniblement aux assauts lillois, mais par la capacité enfin affichée à faire front contre "l'ordre naturel de la Ligue 1", cette implacable logique quasiment théorisée par Philippe Hinschberger sous la forme du "c'est pas notre championnat" qu'on a pu réentendre par bribes dans certains discours cette saison.


Un Opa N'Guette en forme, un atout incontournable dans la quête du maintien

Les motifs d'encouragement sont en plus là et bien là: Opa N'Guette, déjà, enfin auteur de 2 matchs plus que corrects contre Montpellier puis Lille, malgré une deuxième mi-temps plus difficile à chaque fois, et le visage offensif messin n'est plus forcément le même. Derrière et malgré une relative lourdeur et encore quelques sautes de concentration parfois coûteuses, Stoppila Sunzu, Mamadou Fofana ou John Boye assurent alternativement le service, tandis que Fabien Centonze après des débuts délicats se hisse petit à petit au niveau. Alexandre Oukidja de son côté confirme les progrès entrevus la saison dernière et signe un début de saison bien supérieur au niveau moyen qu'il a pu afficher sur ses 3 saisons strasbourgeoises ou ses débuts sous la tunique grenat. Et évidemment que dire du goleador Habib Diallo; rien ou presque plus rien, quoique ses prestations à l'extérieur sont souvent plus anonymes qu'à Saint-Symphorien, la régularité là encore. Même Vincent Hognon peut se targuer d'avoir su inverser une dynamique très négative fin septembre en réalisant un certain nombre de choix forts et risqués et qui semblent s'avérer payants quoique impopulaires, la mise à l'écart de Renaud Cohade étant le principal exemple.

Plus généralement tend à se dégager l'image d'un FC Metz difficile à bouger, faisant reposer une grosse partie de sa force sur sa dominante physique et athlétique (le MHSC de Michel Der Zakarian en a beaucoup souffert), cherchant à soigner ses sorties de balles rapides, utilisant de mieux en mieux la largeur et la profondeur et capable d'un réalisme froid. Tous les éléments du puzzle sont là, même si le dessin final est encore (très) approximatif.

La moisson d'octobre-novembre fut très honnête: 5 points des réceptions de Nantes et Montpellier et de déplacements à Lille et Lyon, même le plus optimiste des observateurs messins l'aurait difficilement avalé. Avec 13 points en 13 matchs et avant d'enchaîner 6 matchs avant la trêve, Metz est plus que jamais en bonne position pour s'approcher voire carrément franchir la barre symbolique des 20 points à Noël. Une barre que Metz n'a plus franchi en L1 depuis 15 ans et l'hiver 2004, les hommes de Jean Fernandez comptabilisant alors 23 points après 19 matchs, et le maintien fut finalement arraché de haute lutte avec 44 points en mai 2005, une autre époque. Le menu de l'avent des messins ne doit pas les impressionner, à commencer par la venue de rémois relativement irréguliers, et les conduisant à se déplacer chez deux concurrents directs, Nîmes et Dijon, le tout entrecoupé des venues de Rennes et Marseille et un déplacement à Nice. On a vu pire enchaînement. A coeur grenat rien d'impossible comme matrice des six prochaines semaines et la promesse d'une année 2020 prospère au pied du sapin, on ne saurait rien demander de plus.



(Crédits 📷: FC Metz)

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