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Le FC Metz retrouve sa muraille : les raisons du succès face au MHSC

Mis à jour : 18 déc. 2020

Solides vainqueurs (0-2) d'un Montpellier Hérault sans idée offensivement, les Grenats sont allés chercher un succès probant accompagné d'une clean sheet qui embellit le tout. Dans l'approche tactique et la discipline, les Grenats ont été irréprochables. Zoom sur les raisons d'un succès qui valide le projet des hommes d'Antonetti.


La composition d'équipe avait cela d'inédit qu'elle proposait à nos âmes inquiètes de voir la charnière Bronn-Boye-Kouyaté pour la première fois sur un match entier, permettant à Centonze et Delaine, qui sont aussi bien des atouts offensifs que défensifs, de mordre la ligne avec un maximum de couverture. Au milieu, Fofana et Maïga avait pour objectif de museler les créateurs montpelliérains, alors que Boulaya, Gueye et Leya-Iseka s'occupaient de l'attaque.


La défense à cinq comme base d'un projet basé sur les contres


Malgré une série de cinq matches sans victoire, pas question pour Frédéric Antonetti de tout chambouler. Dans la lignée de la fin du match contre Lyon et de celui contre Strasbourg, le technicien grenat déploie une défense à cinq, où la couverture de la charnière à trois permet plus de libertés à Delaine et Centonze. Dès le début du match, le ton est donné : au MHSC la liberté d'avoir le ballon, au FC Metz la tâche de profiter de la moindre brèche disponible sur une perte de balle.


Preuve en est sur les positions moyennes : comme contre Strasbourg (voir plus bas), cinq joueurs adverses jouent dans le camp messin tandis que moins de trois messins sont au-delà de la ligne médiane, avec un Thomas Delaine assez haut par rapport à la ligne défensive, preuve des envies de contrer côté messins.


Les positions moyennes contre Montpellier (source : Opta)

Côté Montpellier (à gauche) : Mollet (25) et Savanier (11) sont obligés de redescendres au niveau de Fofana et Maïga, tandis que Laborde (10) et Delort (9) délaissent l'axe occupé en nombre par la charnière messine.


Déplacer l'adversaire sur les côtés


Le bloc est assez bas, avec pour consigne que les montpelliérains ne puissent pas approcher le but messin par l'axe ballon au pied. Chose appliquée en première mi-temps notamment, où les héraultais toucheront seulement 10 ballons dans la surface, dont trois de la tête. Seule la frappe de Savanier (23e) inquiètera Oukidja.


En deuxième mi-temps, rebelote. Suite à l'ouverture du score, les montpelliérains vont beaucoup s'essayer aux centres (30 au total, dont 21 en première mi-temps), mettant en lumière le jeu de tête de Kouyaté, impérial dans les airs ce soir (8 duels aériens disputés, 5 gagnés).


Au final, les milieux artilleurs comme Mollet ou Savanier auront été très peu en vue ce soir, bloqués par l'axe messin. Une progression nette par rapport au dernier match. Contre Strasbourg, le quatuor offensif du 4-2-3-1 strasbourgeois avait su occuper l'axe du terrain (c.f les positions moyennes d'Ajorque, Diallo, Thomasson et Chahiri). Contre Montpellier, il n'en a rien été : Andy Delort et Gaetan Laborde ont dû souvent dézoner sur les ailes, comme en témoigne leurs positions moyennes. Les deux attaquants ont eu très peu de ballons dans la surface à se mettre sous la dent : sur les 47 ballons qu'il touche dans le match, Delort n'en reçoit que trois dans la surface, aucun n'aboutissant à une frappe.


Les positions moyennes contre Strasbourg (source : Opta)

A droite : On remarque plus de distance entre le premier rideau messin au milieu et le rideau défensif à cinq

A gauche : Thomasson (26), Diallo (28), Chahiri (21) et Ajorque ont exploité cet espace dans l'axe offensif pour créer le danger, ce qui amènera notamment le deuxième but.



L'engagement dans les duels nécessaire


Or si les messins ont bien négocié cet aspect de déplacer le bloc montpelliérain sur les côtés pour qu'ils abusent de centres, il fallait que cela se combine avec une présence athlétique dans les duels pour tuer les illusions héraultaises. C'est ici que la masterclass de Kiki Kouyaté commence. Auteur de 9 dégagements défensifs, 4 tacles et vainqueur de 12 duels dont 5 aériens, la jeune recrue du FC Metz a fait étalage de son sens du placement et de l'engagement déjà entrevu face à Nîmes et que nous reverrons très certainement dès samedi. Il est indubitablement l'homme du match ce soir côté messin, puisque lui et ses compagnons de défense faciliteront grandement le match d'Alexandre Oukidja , obligé de s'employer sur seulement trois des quatorze tirs du MHSC.


Delaine-Boulaya comme connexion offensive


L'avantage d'avoir une défense à trois aussi dominante pour le FC Metz est que cela offre aux latéraux un confort pour leurs projections offensives. Thomas Delaine ne s'en est pas privé. Et si son rush à la 44ème minute aurait mérité meilleur sort notamment grâce à un meilleur contrôle, le latéral grenat n'a pas cessé de se montrer offensivement en combinant en priorité avec Farid Boulaya. Le meneur grenat a également choisi en priorité les chemins de passes vers Delaine. Les deux hommes ont établi une vraie connexion et se sont cherchés onze fois dans le match au total. C'est d'ailleurs grâce à cette relation que le numéro 10 grenat obtiendra le penalty de l'ouverture du score, sur un centre de Delaine.


Des entrées tonitruantes


Alors que les derniers matches semblaient montrer les limites de rotation du FC Metz, les deux changements principaux opérés par Antonetti à la 63ème minute (Yade & Nguette à la place de Gueye & Leya-Iseka) ont apporté un vrai plus aux Grenats.


Dans le contexte, tout était réuni pour qu'ils réussissent leurs entrées : les montpelliérains peinaient physiquement, leurs centres butaient sur l'arrière-garde messine et laissaient place à des opportunité de contres. Ndiaga Yade ne s'est pas fait prier et bouclera ses 30 minutes de jeu avec 2 passes clés (record du match), dont une décisive et un tir cadré en seulement 10 ballons touchés. Opa Nguette s'est moins montré offensivement, mais il a été le premier harceleur d'une relance montpelliéraine en difficulté, terminant sa demi-heure avec 11 duels provoqués (soit autant que Bronn et Boye réunis) et 3 ballons récupérés. Sa merveille de contrôle dans l'axe en fin de match permet d'ailleurs de lancer le contre qui mènera au but de Maïga.


C'est donc grâce à une tactique qui aura tué dans l’œuf les forces montpelliéraines et à une implication de tous dans les transitions offensives et défensives tout le long du match que les messins auront piégé le 5ème de Ligue 1. Au vue des adversaires à venir et des progrès visibles, la défense à trois devient certainement un système qui peut largement concurrencer le 4-3-3. Bis repetita contre Lens ?




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