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OM-FC Metz : l'égalisation à la loupe

95è minute au stade Vélodrome. Morgan Sanson profite, à la suite d'un corner marseillais du seul véritable moment de flottement dans la surface messine pour égaliser et permettre à l'OM de sauver la face. Analyse de ces 20 secondes qui ont fait basculer un match promis aux messins.


Pour se remettre dans le contexte du match, il faut rappeler que, bien que les marseillais se doivent d'égaliser, la fin de match s'annonce loin d'être dangereuse pour les messins qui ont ouvert le score à la 70ème minute. L'OM bute sur l'arrière-garde messine : depuis l'ouverture du score, les marseillais ont tenté seulement trois fois leurs chances, sans réel danger puisque aucune tentative n'est cadrée.


Arrive la 94ème minute et un dernier corner concédé sur un centre de Sanson..


Du sang frais, trop frais ?


Une première décision va faire parler. Vincent Hognon décide de remplacer Victorien Angban par Kiki Kouyaté. A la grande surprise d'Habib Beye, qui commentait le match pour Canal ce soir-là : "Étonnant, on dit souvent qu'il ne faut pas faire de changements sur les phases arrêtées défensives". Et qui ajoutera après le coup de sifflet final : "Je ne suis pas sûr que le changement effectué par Vincent Hognon ait été la meilleure chose pour son équipe". Bien vu.


Le changement interpelle, et l'instigateur se justifiera d'avoir remplacé un Victorien Angban "fatigué" par un joueur de grande taille (Kiki Kouyaté mesure 1m92) nécessaire sur ce dernier corner.


Malgré tout, le constat est là, Marseille égalise. Impossible de dire l'impact total de ce changement sur la désorganisation messine, mais désorganisation il y a eu, en plusieurs étapes.


Benedetto, détonateur libre


D'abord, Kouyaté entre et va se placer au marquage de Valère Germain. Problème : Dylan Bronn y est déjà attelé, ce qui n'empêchera pas le défenseur tunisien de se débarrasser rapidement de cette tâche pour dégager le ballon de la tête. Mais un premier maillon casse : deux défenseurs sur un seul marseillais en phase arrêtée, c'est un premier déséquilibre



Kouyaté va se placer au même marquage que Bronn


Après le dégagement de Bronn, Marseillle reconstruit de l'arrière et le bloc messin ressort de sa surface. Tchimbembé très haut, Yade et Maïga sont les premiers presseurs, la ligne défensive à 5 avec Kouyaté est en place. Mais c'est au milieu que quelque chose cloche. Entre le pressing haut du duo Maïga-Tchimbembé et l'absence d'Angban, ne reste qu'un Fofana au marquage de Gueye au milieu du bloc. Le reste de l'espace axial est complètement libéré, et c'est cet espace que Dario Benedetto, redescendu un cran plus bas, va exploiter. Un deuxième maillon casse.




Kahoui concentre deux joueurs et permet à Benedetto de se libérer entre les lignes



Kahoui casse la ligne et trouve donc Benedetto, esseulé. Et c'est là que s'illustre le plus gros problème de la défense messine : elle ne défend que dans l'optique de ne pas prendre un but qu'elle s'imagine peut-être déjà encaisser dans son imaginaire. Car elle ne s'occupe plus de défendre face à Marseille, mais face au ballon qui se rapproche de son but.


Le décalage et le retard accumulé quand Benedetto contrôle la balle demande des ajustements : Bronn monte sans succès sur l'attaquant argentin. Un nouveau coup d'épée dans l'eau. Mais les messins sont trop concentrés sur le but qu'ils s'apprêtent à encaisser. Aucun ne détourne le regard du ballon, pas même la défense centrale, pourtant relativement loin de l'action. Seul Udol jette un très bref regard sur son extérieur pour repérer le positionnement d'Alvaro, potentiel danger aérien.



Les différents appels marseillais au moment du centre en retrait. Aucun messin n'y prête attention.


Radonjic ne peut jamais frapper d'où il est. Pourtant, tout le monde à Metz semble ne se soucier que va faire le serbe du ballon, et non du destinataire du centre. Ils sont trois marseillais à pouvoir faire un appel, et ils se retrouveront tous les trois démarqués à la fin de l'action :

- Valère Germain, qui plonge au six mètres, sera laissé libre par Kouyaté, trop concentré sur le ballon et pris dans son dos.

- Alvaro, qui a pris un temps de recul pour se défaire du marquage d'Udol, lui aussi de nouveau fixé sur la balle.

- Morgan Sanson, jamais véritablement vu par la défense messine, qui recevra le ballon.


Peu importe à vrai dire la finalité du centre de Radonjic donc, le retard pris par la défense du FC Metz et son manque de concentration sur les différents mouvements marseillais auraient provoqué l'égalisation quoi qu'il arrive. Une action qui dénote avec la supériorité des messins dans le domaine défensif en seconde mi-temps et qui illustre une approche de la "dernière action" avec passivité, déjà vue à Lille et Paris. Ajouté à cela un changement tactique balayé par un simple jeu au sol, un marquage en zone trop laxiste près de ses buts, et un désintérêt pour les déplacements adverses, il n'en faut pas plus pour détruire des illusions.



Pour une analyse tout aussi éclairée du but marseillais et du match complet, rendez-vous sur l'habituel très bon débrief du match de La Maison du Grenat !




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