Plaidoyer : Pour Antonetti mais avec Hognon!


Par @atlantis_9193


Ce vendredi à Saint Symphorien se joue en quelque sorte la finale de la L2 et si le trophée du champion incontesté de cet exercice 2018/2019 aura depuis 15 jours choisi de passer un an sur les bords de la Moselle, c’est au moins un exercice de domination morale qui attend nos Grenats. Mais pour beaucoup de supporters, et semble-t-il une grande majorité des joueurs à en juger de la triste prestation livrée à Nancy, c’est déjà un peu ce parfum d’avant-saison qui chatouille nos narines.


Le FC Metz a déjà tant livré de ces saisons, si ce n’est celles de l’ogre gourmand et intouchable pressé de retrouver son habitat prétendu naturel dans l’élite, où sa participation à la saison N+1 de Ligue 1 relève rapidement de l’évidence même, de ces saisons où il dit avoir appris des erreurs stratégiques passées, de ces saisons où promis juré on ne le reverrait pas de sitôt fouler les pelouses de Gaston-Petit ou du stade Océane, de ces saisons où parole de Bernard Serin, Metz redeviendra rapidement, presque logiquement, l’ancienne place forte de première division qu’il était il y’a maintenant une bonne paire d’années.


Autant de promesses plus ou moins vite évanouies.


Alors il y’a cette fois-ci davantage de matière à y croire : l’ensemble de l’entité sportive FC Metz sort d’une saison brillamment réussie, ses clubs satellites en Belgique et au Sénégal compris. Ses infrastructures se mettent à la hauteur de l’ambition X(X)L du club, son organigramme s’est stabilisé et renforcé avec le retour au bercail du génie de l’ombre Olivier Perrin. Mais surtout un homme, Frédéric Antonetti. Et c’est un peu là aussi que le bât blesse.



Après le passage tumultueux bien que globalement intéressant et révélateur de Frédéric Hantz, Bernard Serin avait choisi de confier à un tempérament encore plus tempêtueux le soin de rebâtir un groupe en ruines autant en qualité qu’en quantité. Et malgré quelques soubresauts initiaux, la mayonnaise a immédiatement pris. Frédéric Antonetti, c’est un peu l’assurance-vie de ce Projet Grenat 2020. Les joueurs louent régulièrement et depuis le début son apport, son charisme, son aura, son expérience. Dans les tribunes il fait l’unanimité, mélange de respect et d’espoirs au pluriel. Au club il semble se plaire, un club à sa dimension comme il dit, un club qui le voulait et qu’il a voulu, un groupe qu’il explique régulièrement avoir bâti à sa main, connaissant ses faiblesses qu’il semble prendre plaisir à pallier, assurant de son grand potentiel et de ses grandes promesses à l’image d’un Thomas Delaine, d’un Marvin Gakpa ou d’un Ibrahima Niane, autant de noms que l’on est pressé de voir passer au révélateur de la Ligue 1.


Et ce FC Metz 2018/2019 est la quintessence du style Frédéric Antonetti: sans nul doute efficace, solide et chirurgical, que d’aucuns parmi les moins sensibles à la brutalité d’une ligne de résultats décriront froid et très voire trop peu spectaculaire jusqu’à faire naître chez certains des doutes sur son réel niveau dans un championnat globalement pas à la mesure du 11 Grenat. En fait Metz a rarement été autant cette 21è équipe de L1, ce champion de la Ligue ½, que cette année.


Oui mais voilà, Frédéric Antonetti on ne le voit plus depuis fin décembre 2018, maintenu éloigné de la Lorraine par les aléas de la vie. On le sait toujours actif à distance, toujours pleinement entraîneur. Mais il n’est plus physiquement là, ses coups de gueule ne résonnent plus sur la plaine des jeux ni sur le banc situé sur la gauche de la future feu tribune Sud de Saint Symphorien. Les rumeurs plus ou moins farfelues circulent sur comment s’organiser avec lui, venues de sources plus ou moins sérieuses, plus ou moins proches du club mais si on devine au moins que Metz souhaite à tout prix poursuivre avec lui, on ne sait même pas si lui est prêt à accepter le plus original des attelages pour continuer avec Metz, non pas par désintérêt, mais par un trop grand manque de clarté et d’efficacité pour le club, alors que le niveau va s’élever d’un cran.


Dans une organisation originale, un entraîneur principal qui travaille à distance, le FC Metz ne s’est pas essouflé. Les doutes sur le coffre, le caractère, la capacité de ce groupe made in FA à continuer à avancer sans lui se sont peu à peu éteints. La moyenne de points sera restée au-dessus des 2/matchs, globalement dans la même dynamique au printemps 2019 qu’à l’automne 2018. Les grands entraîneurs disent souvent qu’ils ne seraient rien et n’auraient rien fait sans leur staff, la montée des Grenats porte plus que d’autres encore la marque d’un attelage de grande qualité, celle d’un triumvirat Antonetti/Hognon/De Zerbi accompagnés par les anciens de la maison Christophe Marichez et Hugo Cabouret.



Vincent Hognon, l’invité surprise de la fin août 2018 quand Antonetti est venu lui proposer de relancer sa jeune carrière d’entraîneur à ses côtés, cet enfant de l’ASNL devenu la face visible du staff messin sur 21 des 38 matchs de la saison de L2. Je suis de ceux qui veulent lui tirer un coup de chapeau particulier. Ne nous y trompons pas, rien n’était évident dans la mission qui a été la sienne. Vincent Hognon n’est pas devenu entraîneur principal du FC Metz, il en est resté adjoint. Mais un adjoint dans la lumière. Son très long passé nancéien plaidait assez peu en sa faveur aux yeux de bon nombre, son passage très mitigé sur le banc de son club de cœur en rajoutait davantage aux doutes sur sa légitimité et ses compétences.


Hognon cumulait en fait à peu près tout ce qui devait faire de lui la pinata populaire en cas d’échec, alors que ses prérogatives n’ont jamais été celles que l’on a voulu croire, lui et d’autres l’ont bien assez expliqué. Réussir malgré tout dans ce contexte où rien n’allait en son sens relève à non pas d’un coup de maître mais assurément d’un joli pied de nez à mettre pleinement à son crédit. Médiatiquement il n’a jamais voulu faire passer son intérêt avant celui du club, faire passer le bilan 2019 du FC Metz pour le sien en espérant gommer son intermède nancéien et repasser numéro 1 ici ou ailleurs. Il s’est mis au service d’un club, au service d’un groupe et au service de son entraîneur en chef et a, à sa manière, protégé l’effectif d’une trop grande pression.

Réussir à faire passer le message de l’entraîneur en mettant de côté son ego, réussir à maintenir la cohérence globale d’un groupe qui n’est pas tout à fait le sien, réussir à assurer une montée sans trembler : c’est aussi des éléments clés de la si réussie saison du FC Metz. Son image auprès des supporters messins s’en est d’ailleurs ressentie très positivement. La montée porte ainsi incontestablement sa marque. Pas la même que Antonetti qui reste le grand architecte, mais celle d’un efficace maître d’oeuvre, celle du fidèle numéro 2.


Alors à l’heure où l’on se demande qui et quoi pour mener le FC Metz au maintien la saison prochaine, alors qu’on devine qu’un retour rapide de Frédéric Antonetti n’est pas à l’ordre du jour, pour toutes les raisons évoquées plus haut, je propose non pas un nom mais une nouvelle “organisation” comme le dit Bernard Serin.


Une préparation à la L1 ne peut se faire sans la présence physique de son entraîneur en chef, mais Metz ne peut pas se priver des réseaux et de la connaissance de Frédéric Antonetti. Antonetti qui s’était dit il y’a quelques années au Canal Football Club disponible (à l’époque pour son club de cœur du SC Bastia) pour aider, même sans être sur le terrain physiquement. Antonetti qui resterait proche du FC Metz, en contact régulier et permanent avec les différentes strates du club dans la constitution de son effectif, et laissant le terrain à ses fidèles Hognon et De Zerbi, Hognon devenu entraîneur numéro 1 au moins dans les faits car possédant les diplômes.


L’hypothèse de changer intégralement le staff me semble encore plus risquée : le projet vanté l’an passé a été depuis longtemps vendu à long terme, le cœur de l’effectif de la montée restera et sera renforcé en talents. Changer d’entraîneur, c’est changer de stratégie et changer de projet. Or je veux croire en ce projet-là, Metz ne peut pas encore une fois repartir intégralement de zéro, tout comme je veux croire en l’éclosion définitive d’un Vincent Hognon à l’image d’anciens fidèles numéro 2 devenus entre temps de brillants numéro 1, Christophe Galtier étant le plus célèbre d’entre eux et qui rappelons-le s’est lancé à Saint Etienne sur les conseils et l’appui de Alain Perrin alors fraîchement licencié.


Quoi qu’il en soit l’intersaison messine s’annonce palpitante et même assez excitante. Même déjà plus excitante donc que ce FC Metz-Stade Brestois de vendredi qui aura à peine le goût de la cerise sur le gâteau, tout au plus celle du petit biscuit qui accompagne le café de fin de repas. Un excellent repas quand même, avant une bonne sieste bien méritée.


Auteur: @atlantis_9193

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